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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 13:50

 

Dégustation du 1er Décembre 2008

Vins de Bordeaux

 

Notre dernière dégustation de l’année s’est tenue dans une ambiance très festive. Tous ceux qui sont venus de l’extérieur de la ville ont pu admirer la qualité des décorations lumineuses placées dans tous les coins de la ville. Dès l’entrée de la ville un carrefour illuminé donnait le ton avec sa voûte bleutée, constellé d’étoiles. Plus loin les autres carrefours étaient magnifiquement décorés, les rues étaient dominées par de nombreuses ombrelles luminescentes. L’arrivée sur la place de la mairie était extraordinaire avec, outre une décoration couvrant la totalité de la place, une cascade animée se déversant sur la totalité de la façade de la mairie. C’est donc en baignant dans une ambiance qui donne le ton de fêtes de fin d’année que les convives de la Confrérie se devaient de faire honneur aux bouteilles sélectionnées par Philippe Fournery qui devait animer la dégustation par ses commentaires éclairés.

 

Bordeaux - Le quai des Chartrons 

 

 

Profitant de cette bonne ambiance et après avoir décrit la géographie du Bordelais, nous devions apprécier plusieurs flacons. Un effort était demandé aux participants pour qu’ils mettent en œuvre leurs connaissances en analysant le nez et la bouche des vins. Une formalisation des diverses expressions orales communiquées par l’assistance se trouve transcrite dans la partie consacrée à la dégustation. La Confrérie de l’Etiquette souhaite accentuer son effort pédagogique en donnant la parole à tous. Même des amateurs, peuvent donner des avis pertinents, dès lors qu’ils ont assimilé les bases du langage des sommeliers. Les dames présentes ont aussi voulu donner l’accord mets-vins le plus en rapport avec leur expertise aromatique. Notre Présidente Eliane Franco donnait quelques informations sur la vie de l’Association, conviant les présents à l’Assemblée Générale du 15 décembre, qui aura pour tâche de lui donner un successeur.
Guy Muller donnait aussi des informations sur la fréquentation du blog en hausse continue : 4000 connexions donc le double en audience réelle et 40 000 pages lues, le double en réel. Au plan du respect de l’écologie on voit combien d’économies de papier, de transport et de recyclage sont réalisées grâce à l’Internet. Ainsi la Confrérie a pu se consacrer entièrement à la plaquette des vingt ans, laissant au site la politique de communication de l’ensemble des comptes-rendus de dégustations, visites et voyages.


Le vin d'entrée est un Sancerre blanc vin classé parmi les vins de la Loire
Le cépage des Sancerre est du Sauvignon. Il est très présent dans les vignobles de la Loire, mais aussi de l'Yonne pour le Saint Bris. Sa qualité est d'être moins chère que les Chardonnay.

Sancerre – Clos des Bouffants – Propriété Neveu – 2006 – 12,5°

La robe est de couleur or moyen avec des reflets verts.

Au nez ce vin est très floral et fruits blancs. Son attaque est vive et fraîche, moyennement minérale avec une finale citronnée. Il sera parfait en association avec des fruits de mer.

Il faut noter que l’appellation Sancerre vit sur plusieurs collines et que le cépage Sauvignon va refléter des caractéristiques différentes en fonction des sols. Sur des marnes nous aurons du fruit et des fleurs blanches, sur du kimméridgien des notes calcaires et sur les Monts Damnés (Chavignol) une très grande minéralité avec une emprise silex ou pierre à fusil. C’est donc à l’amateur qu’il conviendra de faire très attention dans le choix du climat géographique où se situe le vignoble. Les voyages sont une excellente occasion pour avoir une idée de la pente des vignobles et éviter ainsi les propriétés ayant les pieds dans l’eau. Une question est posée sur la longévité de ce vin. Comme tous les blancs génériques ils sont meilleurs dans leur jeunesse et dans leur première année. Inutile de les mettre en garde. La seule exception est représentée par les grands crus et premiers crus du chablisien qui doivent attendre 4 années pour que les arômes miellés soient évidents.

 

 Les Monts Damnés avec leur pente

 

 

 Sancerre et vue sur le vignoble

 

 Chateau Meyney - Saint Estèphe – 1999 – 12,5°

De robe pourpre papal avec des reflets violets.

Il dégage des arômes de vanille, de cacao, de fumé, d’épicé, de champignons. Le fruit est atténué par l’envol des arômes secondaires. Une forte attaque tannique laisse paraître des arômes de pruneau et de café. Il sera parfait en accompagnant une daube de sanglier.

Cette dégustation offre l’occasion de parler de ce château qui monte en notoriété, mais aussi en prix encore plus vite !

De nombreux arômes avancent derrière la vanille et proviennent de l’élevage en tonneau : on dit torréfié mais pas brûlé qui serait alors un défaut. La procédure de chauffe des douelles du tonneau est la méthode qui permet de courber le bois pour lui donner sa forme définitive. Il existe 9 catégories de chauffe qui sont à la disposition des maîtres de chaix bordelais pour parvenir à donner la marque précise et les caractéristiques d’un Château.

 

 Bordeaux, l'espace du miroir

 

 

Le Connétable de Talbot – Saint Julien – 2003 – 12,5°

Nous sommes en présence du deuxième vin du Château Talbot réalisé avec des vignes plus jeunes. Sa robe est pourpre plus claire que le précédent, avec des reflets violets.

Au nez la cerise kirschée nous enchante avec sa volatilité. En bouche outre le fruit nous sommes entre la réglisse et le zan. Son attaque est moins tannique que pour le vin précédent. La finale est longue d’un niveau de caudalie de 7 ce qui est parfait. Ce vin est racé. L’assistance le voit accompagner une côte de bœuf. En dessert il sera idéal avec une poire pochée.

L’appellation Saint Julien est située entre les Margaux au Sud et les Pauillac au Nord. Le Château Talbot a été une possession anglaise. Il s’étend sur plus de 100 hectares. Situé sur St Julien de Beychevelle il possède des caractéristiques particulières en étant une appellation dans l’appellation Saint Julien. Ces vins possèdent donc la finesse des Margaux et la structure tannique des Pauillac.

 

Le Château Citran – Haut Médoc – 2003 – 13°

De robe sombre. Le nez est vanillé, avec des notes de champignon, de cacao et de fumé.

En bouche nous trouvons des tannins très ronds. Il représente bien les caractéristiques de l’appellation du Médoc qui privilégie un net adoucissement des tannins au profit des notes fruitées. Il est équilibré. Certains participants sont déroutés par  la comparaison. Pourtant il s’agit de vins généreux et sans excès de puissance. La suavité du château Citran en a fait la renommée. Le millésime 2003 est particulier car issu de l’année de la sécheresse qui a pu en modifier les caractéristiques. La meilleure association sera sur du gibier, voire des viandes blanches. Il sera intéressant de goûter la qualité d’un 2004 et surtout d’un 2005.

 

A consommer avec modération.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

 

 

 

Le coin de l’œnologue

 

C’est dans le bordelais que la science de l’assemblage est née. Trois cépages dominent l’appellation : le cabernet franc, le merlot et le cabernet sauvignon pour les rouges. C’est ici que les maîtres de chaix maintiennent le niveau des châteaux. Par niveau il faut entendre la qualité ressentie par le consommateur ce qui suppose une constance dans le temps. Nous devons comprendre que le consommateur est prisonnier de ses habitudes et qu’il n’acceptera jamais les fluctuations naturelles imposées par les aléas climatiques. En conséquence il recherche à trouver dans le temps une qualité maintenue constante même  de façon artificielle. Ce sera la même chose si vous aimez un champagne Ruinart ou un whisky Glenlivet.

Les grands châteaux possèdent donc plusieurs cépages qui donneront lieu au remplissage de deux cuves :

-          la première est issue du jus de goutte qui provient du poids des grappes mises en suintement par gravitation,

-          la deuxième est issue du jus de presse, qui contiendra plus d’éléments structurants, intéressants pour le vieillissement.

Le jus de presse contient moins de fruit mais plus de pruine qui est l’enveloppe du raisin contenant une énorme variété de substances. Le jus de goutte sera lui plus aromatique.

Tout l’art du maître de chais va consister à assembler les produits de six cuves pour produire un vin d’appellation AOC. A l’aide de fioles il procédera à un mélange permettant d’associer au mieux les trois cépages divisés en 6 cuves distinctes. Il faudra ensuite obtenir la macération alcoolique qui transformera les sucres en alcool, puis malo-lactique. Enfin la mise en tonneaux pendant une période de temps donnée assouplira les tannins des vins.

Dans le prix d’un vin il faut bien tenir compte des difficultés liées à l’assemblage, au coût de l’élevage en fût, à la durée de conservation du vin avant sa vente. Aussi on peut trouver chez Monoprix des vins de mono cépage français, argentins ou chiliens à très bon prix. Ce sera un bien pour l’éducation des papilles. En revanche, si l’on souhaite établir une fiche détaillant la complexité d’un grand Margaux ou d’un Pessac Léognan, il faudra une dizaine de minutes pour en décrire les caractéristiques. Toute complexité a un coût !

 

Guy Muller

 

 

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Published by G. Muller - dans Dégustations
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